Logement : dire la vérité sur la mixité sociale
La mixité sociale est devenue l’un des mots les plus répétés du débat public. On l’invoque dans chaque programme, dans chaque discours, comme une évidence morale et une solution universelle. Pourtant, à force de ne pas dire la vérité sur ce qu’elle implique réellement, la mixité sociale est trop souvent mal comprise, mal appliquée et, parfois, contre-productive.
Chez Nouvelle Génération, nous faisons le choix de la clarté :
la mixité sociale n’est ni un slogan, ni une incantation. C’est un projet exigeant, qui ne fonctionne que s’il est pensé, accompagné et assumé politiquement.
Quand la mixité devient un mot creux
Dans de nombreuses communes, la mixité sociale se résume à une logique purement comptable : construire ici, densifier là, répartir des logements sans véritable vision d’ensemble. On empile des populations aux parcours très différents sans toujours prévoir les équipements, les services publics, les espaces communs ou l’accompagnement nécessaire.
Résultat :
des tensions de voisinage,
un sentiment d’injustice ou de déclassement,
des habitants qui ne se rencontrent pas vraiment,
et une promesse de cohésion qui ne se concrétise pas.
Dire cela n’est pas stigmatiser qui que ce soit. C’est simplement refuser l’hypocrisie.
La mixité sociale ne se décrète pas, elle se construit
Une véritable mixité sociale suppose bien plus que des logements côte à côte. Elle exige :
des écoles de qualité, capables d’accueillir tous les enfants dans de bonnes conditions ;
des espaces publics agréables et sûrs, où les habitants se croisent naturellement ;
une offre de services et de commerces de proximité qui crée de la vie locale ;
un accompagnement social réel, notamment lors de l’arrivée de nouveaux habitants.
Sans cela, la mixité reste théorique et peut même renforcer les incompréhensions et les replis.
Densifier sans préparer, c’est fragiliser les quartiers
À Éragny comme ailleurs, certains projets de logement ont été menés sans anticipation suffisante des conséquences sur :
les infrastructures scolaires,
la circulation et le stationnement,
les équipements sportifs et culturels,
le cadre de vie quotidien.
La densification n’est pas mauvaise en soi. Mais densifier sans vision, c’est prendre le risque de créer des quartiers sous tension, où le sentiment d’abandon remplace progressivement l’idée de vivre ensemble.
Notre approche : une mixité sociale honnête et humaine
Chez Nouvelle Génération, nous défendons une autre méthode :
Penser le logement à l’échelle du quartier, et non uniquement à celle des quotas ou des obligations administratives ;
Conditionner tout nouveau projet à la capacité réelle de la commune à accueillir dignement de nouveaux habitants ;
Associer les habitants en amont, pour éviter les décisions imposées et incomprises ;
Renforcer les services publics locaux avant d’augmenter la population ;
Favoriser des formes de mixité choisies et progressives, plutôt que brutales et subies.
La mixité sociale ne doit pas être vécue comme une contrainte, mais comme une opportunité partagée.
Dire la vérité pour mieux rassembler
Refuser les discours simplistes, ce n’est pas renoncer à l’idéal républicain. C’est au contraire lui donner une chance de réussir. La cohésion sociale ne naît pas de l’empilement, mais de la confiance, du temps et de la qualité de l’action publique.
À Éragny, nous voulons une politique du logement :
respectueuse des habitants,
lucide sur les réalités sociales,
et fidèle à une ambition simple : permettre à chacun de vivre dignement, sans opposer les uns aux autres.
C’est en disant la vérité sur la mixité sociale que nous pourrons enfin la faire vivre.