HONGRIE – FRANCE – EUROPE : METTONS FIN AUX FAKE NEWS

Je parle quatre langues. Je lis l’actualité dans autant de sources, dans autant de nuances. Et ce que je vois circuler dans les médias français sur la Hongrie me préoccupe profondément.

Ce que les médias ne vous disent pas :

Les Hongrois adorent la France, et ce lien est ancien, profond, historique. Saviez-vous que les premières traces écrites de la langue hongroise ont été réalisées par des moines bénédictins français ? Ces précieux manuscrits sont conservés à ce jour dans l’abbaye de Tihany, sur les rives du lac Balaton. La France et la Hongrie ne se découvrent pas, elles se retrouvent.

Et les liens entre nos deux pays ne s’arrêtent pas là. Saviez-vous qu’il existe encore aujourd’hui des régiments militaires français aux traditions hongroises ? Le régiment d’Esterházy et le régiment de Berchény, créé en 1720 comptent parmi les plus illustres régiments de hussards de France, fondés par des cavaliers hongrois au service du Roi de France. Le régiment de Berchény, en particulier, est le premier régiment de hussards français de l’histoire. Fait extraordinaire et peu connu : son chant de régiment est encore chanté en hongrois par les soldats français, perpétuant une tradition vivante de plus de trois siècles. Quand une unité de l’armée française chante en hongrois depuis 1720, cela en dit long sur la profondeur du lien entre nos deux peuples.

Mais comme tout peuple souverain, les Hongrois refusent qu’on leur dicte comment vivre.

Une Europe de nations égales, pas une Europe à deux vitesses.

Est-ce que cela vous choque ? Alors demandez-vous : est-ce qu’un Polonais accepterait qu’on lui impose de vivre comme un Grec ? Est-ce qu’un Grec tolèrerait qu’un Allemand lui explique comment organiser sa société ? Est-ce qu’un Slovaque accepterait que Varsovie ou Berlin décide à sa place de ses valeurs et de ses choix de société ?

La réponse est non et c’est parfaitement légitime.

Les nouveaux membres de l’Union européenne ont une histoire millénaire, une culture riche, des peuples qui pensent, qui créent, qui résistent. Ce ne sont pas des nations inférieures qui auraient besoin d’être guidées par les “grandes”. L’Europe n’a de sens que si elle respecte chacun de ses membres avec la même dignité, qu’il soit fondateur ou dernier entré.

Les Hongrois racistes ? Encore une fake news.

C’est l’un des mensonges les plus répandus, et les plus insultants que l’on entend matin et soir dans certains médias français. La réalité ? Budapest et les grandes villes hongroises sont aussi cosmopolites que n’importe quelle ville française.

Deux exemples parmi d’autres :

Kafiya Said Mahdi, réfugiée somalienne devenue l’un des visages les plus reconnus du mannequinat hongrois.

Une trajectoire qui n’est possible que dans un pays ouvert.

Et Fekete Pákó,

animateur et humoriste noir, véritable vedette de la télévision hongroise dans les années 2000-2010, adoré par des millions de Hongrois.

Ces deux personnalités, à elles seules, devraient faire taire bien des caricatures.

Ce que les Hongrois refusent, ce n’est pas l’autre. C’est l’insécurité. Ce sont les guerres de gangs. C’est la manipulation médiatique fondée sur la haine et la division. Il y a une différence fondamentale entre rejeter un peuple et refuser le chaos et cette nuance, certains font mine de ne pas la comprendre.

Les Hongrois homophobes ? Encore une fake news.

C’est un autre raccourci que certains médias agitent sans nuance. La réalité hongroise est, là encore, bien plus complexe.

Lukács Nikolasz “Róka”, combattant MMA et créateur de contenu TikTok parmi les plus suivis de Hongrie, a fait son coming out publiquement en février 2026 déclarant ouvertement être homosexuel tout en assumant pleinement son soutien au gouvernement de Viktor Orbán, qu’il a rencontré personnellement. Il était assis au premier rang lors du discours annuel du Premier ministre.

Sa position est claire et tranchée : la sexualité est une affaire privée, elle n’appartient à personne d’autre, et il n’est pas nécessaire de la proclamer ni d’en faire une carrière. C’est précisément pour cela qu’il vote Fidesz parce que le parti ne s’intéresse pas à l’orientation sexuelle de quiconque.

Ce qui est particulièrement révélateur, c’est que ce sont les militants de gauche ceux qui se définissent comme “progressistes” et “tolérants” qui ont immédiatement attaqué Róka après son coming out, simplement parce qu’il ose assumer des valeurs de droite tout en étant gay. La tolérance, visiblement, a ses conditions.

Ce que les Hongrois refusent et ils ne sont pas les seuls en Europe, c’est l’instrumentalisation idéologique d’un lobby qui cherche à influencer et à orienter la jeunesse sur des chemins dont personne aujourd’hui n’est capable de mesurer pleinement les conséquences. Ce n’est pas de la haine : c’est de la prudence. Même les grandes nations qui ont avancé le plus vite sur ces questions commencent à prendre du recul, reconnaissant que certaines dérives constituent un danger réel pour la construction identitaire des jeunes générations.

Il y a une différence fondamentale entre respecter chaque individu dans sa vie privée ce que font les Hongrois et accepter qu’une idéologie s’impose dans les écoles et les médias pour façonner les esprits. Cette nuance-là, on ne vous la donnera pas sur les plateaux français.

Un pays de foi et de tolérance.

La Hongrie est certes un pays de tradition chrétienne, catholique et protestante. Mais les minorités religieuses juives comme musulmanes y pratiquent leur foi librement et en toute légalité, depuis des siècles. Ce n’est pas une concession récente : c’est une réalité historique profonde.

Après 150 ans d’occupation ottomane, certains minarets du XVIIe siècle sont toujours debout en Hongrie à Pécs, à Eger des monuments qui témoignent d’une histoire partagée, complexe, et assumée. Loin de les effacer, la Hongrie les préserve. Et malgré cette longue occupation, la Hongrie entretient aujourd’hui d’excellentes relations avec la Turquie. Des faits qui rendraient jalouses bien des nations qui se prétendent plus “ouvertes”.

Le 12 avril 2026, les Hongrois vont voter.

Et contrairement à ce que les médias français répètent en boucle, ce scrutin ne se résume pas à un choix entre “droite”, “gauche” ou “extrême droite”. Cette grille de lecture franco-française ne s’applique pas ici.

La réalité est plus nuancée : près de 80 % des Hongrois soutiennent ce que Viktor Orbán a accompli pour leur pays et pour leur peuple. Ce qu’ils lui reprochent ce qui les mobilise c’est la corruption endémique qui gangrène les institutions, les scandales à répétition, les détournements au profit d’oligarques. Ce vote, c’est d’abord un cri contre l’impunité.

Un peuple qui n’a pas oublié.

Musée de la Terreur

Les Hongrois ont vécu près de 70 ans sous le joug communiste. Ils ont souffert sous le fascisme. Allez visiter le Musée de la Terreur à Budapest vous comprendrez pourquoi ce peuple tient à sa liberté comme à sa vie, et pourquoi il se méfie de toute forme d’idéologie imposée de l’extérieur.

Budapest, une capitale qui attire.

Sous l’œil distrait des journalistes français, des milliers de Français, de Hollandais, d’Européens achètent massivement de l’immobilier en Hongrie, faisant doubler les prix en quelques années. Les touristes visitent Budapest en toute sérénité. Les enfants vont à l’école sans crainte. Ce n’est pas un hasard.

Mon message est simple :

Je souhaite sincèrement que les Hongrois puissent aller aux urnes le 12 avril dans la sérénité, sans ingérence, sans conflit. Car dans l’ombre, certaines grandes puissances préfèrent le désordre à l’ordre et l’instabilité à la souveraineté. Gardons cela à l’esprit.

L’Europe que je défends, c’est une Europe de nations libres et égales pas une Europe où certains pays donnent des leçons aux autres.

Qui suis-je pour écrire cela ?

Je suis né en Hongrie et je vis en France depuis bientôt trente ans. La France est mon pays d’amour elle m’a tout donné, et je lui en suis profondément reconnaissant. Je suis franco-hongrois, pro-européen, et c’est précisément parce que j’aime ces deux pays et cette Europe que je prends la plume.

Avoir la chance de parler quatre langues me permet de lire l’information dans sa source, dans toutes ses nuances ce que la grande majorité des Français ne peut malheureusement pas faire. Ce n’est pas un reproche, c’est une réalité. Et c’est pour cela que je me sens le devoir de clarifier ce que d’autres déforment.

Tibor Vass

Franco-Hongrois, fondateur de Nouvelle Génération, Éragny

Parce que la vérité mérite d’être dite dans toutes les langues.

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